
Tsakiridis Aeolos Ultima – Vinyle & Audio
20 avril 2026Michell Apollo : un étage phono d’une précision redoutable
Un étage phono chez un fabricant de platines ? L’histoire de Michell montre que rien n’est laissé au hasard. Dès les années 1970, la marque s’inscrit dans une démarche d’ingénierie poussée, héritée notamment de la fabrication de la célèbre Transcriptors Hydraulic Reference, rendue iconique par le film Orange mécanique de Stanley Kubrick.
Au fil des décennies, Michell développe son expertise analogique avec la Reference, puis la Gyrodec dans les années 1980. Parallèlement, John Michell collabore avec Tom Evans et Graham Fowler (Trichord) pour concevoir un étage phono performant. C’est de cette réflexion qu’est né le Michell Apollo MM/MC, accompagné de son alimentation dédiée Muse.
Une architecture double boîtier hautement maîtrisée
Le système repose sur deux éléments distincts :
- Muse : une alimentation linéaire ±24 V avec régulation et double filtration, conçue pour réduire drastiquement le bruit
- Apollo : un étage phono en classe A inspiré des préamplificateurs de microphones professionnels
Le circuit RIAA est passif et utilise des composants appariés à la main, notamment des condensateurs MKP. Les étages de gain sont confiés à des amplificateurs opérationnels de haute qualité : THAT Corporation 1512 et Texas Instruments Burr-Brown OPA1656, spécialement conçus pour l’audio.
Les deux boîtiers sont usinés dans des blocs d’aluminium massif, formant une barrière efficace contre les interférences et les vibrations. Le câble d’alimentation multi-broches, conçu par The Chord Company, utilise du cuivre OFC plaqué argent avec un blindage renforcé.
Réglages complets et précis
Une trappe située sous l’appareil donne accès à un ensemble de micro-switches permettant un réglage précis :
- Gain : de 40 à 73 dB
- Impédance : de 33 Ω à 47 kΩ (5 valeurs)
- Capacité : 100 pF fixe
Cette configuration permet d’adapter parfaitement l’Apollo à un large éventail de cellules MM et MC.


À l’écoute : transparence et naturel absolus
Dès les premières écoutes, l’Apollo surprend par sa transparence et sa vivacité. L’utilisation d’amplificateurs opérationnels pourrait laisser craindre une restitution moins organique, mais le travail sur l’alimentation et la régulation change totalement la donne.
Le résultat est un niveau de bruit extrêmement faible, offrant une restitution d’une grande lisibilité. La musique apparaît naturelle, fluide, sans artifice.
Sur les Études de Glass interprétées par Vanessa Wagner, le piano se déploie avec conviction : les attaques sont franches, les notes ont du poids et une présence remarquable. Sur le Concerto pour piano de Mason Bates, l’Apollo impressionne par son engagement, sa dynamique et son aisance.
La restitution conserve en permanence une cohérence globale, laissant la musique s’exprimer pleinement sans coloration ni mise en avant artificielle.
Verdict
Le Michell Apollo s’impose comme un étage phono d’une redoutable efficacité. Derrière une conception apparemment simple se cache une maîtrise technique poussée, qui se traduit par une restitution d’une grande évidence.
Un appareil exigeant, précis et musical, capable de sublimer une installation analogique sans jamais en faire trop.
Les + / Les –
Les + :
• Exigence de conception
• Transparence et naturel remarquables
• Simplicité apparente, efficacité réelle
Les – :
• Peu de défauts notables, la séduction opère immédiatement




